La confusion s’installe, tenace, entre « inclus » et « incluse ». Les recommandations des grammairiens et les mises à jour orthographiques de 1990 n’ont pas mis tout le monde d’accord. Un dictionnaire vous affirme que les deux formes sont recevables, un autre campe sur une position stricte. L’administration et la sphère scientifique ajoutent leur part d’incertitude, alternant accords systématiques et formes invariables.
Pas étonnant que la situation reste floue. Malgré des siècles d’ajustements, la règle n’a jamais vraiment trouvé une application uniforme. Même les enseignants, parfois, peinent à trancher et naviguent à vue, adaptant leur discours selon le contexte ou l’usage local.
Pourquoi l’accord du participe passé pose autant de questions : comprendre les enjeux et les difficultés
Impossible d’ignorer le casse-tête du participe passé. Il divise, provoque des débats sans fin, et fait trébucher plus d’un élève, ou adulte. À l’origine de tant de discussions : la prolifération des règles et l’avalanche d’exceptions qui jalonnent la langue française. Grevisse l’a souligné à maintes reprises : si la grammaire évolue, l’accord du participe passé, lui, demeure une des grandes résistances à la simplification.
Précisons les grandes lignes, sans masquer la complexité :
- Avec être : le participe passé s’accorde avec le sujet. On dira : « elles sont incluses ».
- Avec avoir : l’accord se fait uniquement si le complément d’objet direct (COD) est placé avant le verbe, « les pièces incluses dans le dossier ».
- Verbe faire suivi d’un infinitif : là, pas d’accord possible, le participe reste invariable.
- Verbes impersonnels : même principe, aucune variation.
Les verbes pronominaux et les constructions impersonnelles brouillent encore les pistes. Selon le sens, l’accord peut changer, ou s’effacer. Bruno Dewaele et Jean-Joseph Julaud en ont fait la démonstration : il faut d’abord repérer la place et le rôle du COD ou du COI pour ne pas tomber dans le piège.
Le Projet Voltaire, tout comme Muriel Gilbert, a multiplié les outils et explications pour clarifier ces règles. Mais la diversité des usages, la persistance des variantes, font que même les plus aguerris peuvent hésiter sur la conjugaison à adopter.
Inclus, incluse, incluses : règles précises, pièges fréquents et astuces pour ne plus se tromper
Le verbe inclure se distingue nettement de ses cousins. Son participe passé refuse toute variation superflue : au masculin, c’est inclus, au féminin incluse, au féminin pluriel incluses. Aucune place pour un « inclu » qui ne ferait que semer la confusion. À l’inverse, exclure et conclure adoptent « exclu, exclue », « conclu, conclue ». On fera donc bien la différence : « les documents inclus » n’est pas « les rapports conclus ».
L’erreur se glisse facilement. Courriels professionnels, articles de presse, textes officiels : la confusion entre « inclus » et « inclu » s’y faufile sans bruit. Les correcteurs automatiques ferment parfois les yeux, laissant passer une faute pourtant repérée par n’importe quel grammairien attentif : « pièces incluses au dossier » (féminin pluriel), « extrait inclus » (masculin singulier).
La locution ci-inclus n’est pas en reste, avec ses propres subtilités. Voici comment la distinguer selon sa place dans la phrase :
- Placée avant le nom, elle reste invariable : « ci-inclus la note ».
- Après le nom, elle suit les règles d’accord en genre et en nombre : « la note ci-incluse », « les pièces ci-incluses ».
- Suivant une date, l’invariabilité s’impose : « le 3 janvier ci-inclus ».
Ces nuances, relevées dans les travaux de Grevisse et confirmées par le Projet Voltaire, permettent d’éviter les pièges les plus courants.
Pour ancrer ces distinctions, gardez en tête l’association entre la terminaison « -us » et « inclus », et écartez définitivement « inclu ». Accordez systématiquement en genre et en nombre selon le nom auquel le participe passé se rapporte. La rigueur paie, et la clarté de l’écrit s’en ressent.
Le français aime la nuance, la précision et parfois, la complexité. Mais une fois les règles d’« inclus » assimilées, c’est tout un pan des incertitudes qui s’efface, laissant place à une langue mieux maîtrisée, un peu plus limpide. Reste à voir si la prochaine réforme du participe passé viendra, un jour, rebattre les cartes.


